Lundi 8 décembre 1 08 /12 /Déc 14:30

Le Dogme

Pour rappel, un dogme est une affirmation considérée comme fondamentale, incontestable et intangible par une autorité politique, philosophique ou religieuse qui emploiera dans certains cas la force pour l'imposer. Le Dogme, en matière de sécurité routière, tient en un point essentiel : la vitesse est LE mal, la cause de tous les maux.

Ainsi, selon le Dogme, les véhicules sont quasiment égaux au freinage, et dépendent tous plus ou moins d'une valeur moyenne calculée à l'aube des années 70 et jamais remise en cause depuis lors (voir image) : D'ailleurs, on insiste sur un point particulier : l'ABS ne réduit pas la distance de freinage. Il faut croire que les freins à disque et les diverses assistances non plus, puisqu'il n'y est jamais fait mention[pdf].

D'ailleurs, dans la littérature, on peut lire : « La distance de freinage du véhicule dépend, bien entendu, de l’état de la chaussée : sur sol humide, elle est quasiment multipliée par deux. Mais c’est la vitesse qui a le plus d’influencesur la distance de freinage. Quand la vitesse double, la distance de freinage est multipliée par quatre : on dit que la distance de freinage varie avec le carré de la vitesse. » On le voit, l'état ou le modèle de la voiture n'ont officiellement qu'une influence très limitée sur la distance de freinage.

Et dans la vraie vie ?

A l'aide de jolis graphiques démontrant toujours de la même manière et avec les mêmes exemples les effets néfastes de la vitesse sur une distance d'arrêt, les différentes sources de sécurité routière tentent de nous faire croire que seule la vitesse influe notablement sur les distances de freinage. Or, les véhicules évoluent et ne sont pas égaux dans cet exercice qu'est le freinage.
Ainsi, le véhicule disposant du freinage le plus médiocre vendu actuellement, le Dodge Nitro*, demande-t-il 13 mètres de moins que ce que nous indiquent les chiffres officiels, pour passer de 130 km/h à 0. Un véhicule moyennement pourvu en freinage aura une distance de freinage de l'ordre de 67 mètres*, soit 26 mètres de moins qu'indiqué dans les sources officielles !
De même, la différence de distance de freinage à 130 km/h entre les meilleures (Alfa 147*, Audi R8*, Ford Mondéo* (hors Porsche 911* championne toutes catégories)) à 10,7 m/s/s et les plus médiocres freineuses (Lada Kalina*, Citroen C1*, Peugeot 1007*, Toyota Aygo*, Dodge Nitro*) à 8,5 ou 8,2 m/s/s pour la Dodge, est de 16 mètres (19 pour la Dodge).
Cela signifie simplement qu'alors que la Ford Mondéo s'arrête, la Dodge file encore à 65 km/h. Vu autrement, une Ford Mondéo lancée à 150 km/h s'arrête sur la même distance qu'une Dodge Nitro lancée à 130 km/h.

Application du Dogme

A 50 km/h, une bonne freineuse moderne s'arrêtera en 5 mètres de moins que ce qu'annonce la Sécurité Routière. On le voit, la vitesse n'est pas la seule variable sur laquelle il est possible de jouer : l'efficacité du freinage reste primordiale.
Malheureusement, ce point n'est jamais mis en avant dans la communication de sécurité routière : la vitesse, encore et toujours elle, sert de point d'appui unique à la communication, tant des associations que du gouvernement. C'est ainsi que l'on trouve des campagnes façon « Pourquoi la limitation de vitesse à 50 km/h est-elle la vitesse maximale adaptée ? À 60 km/h, il faut 8 mètres de plus pour s'arrêter qu'à 50 km/h »
Or, en plus d'être mensonger, c'est à mon sens criminel : 50 km/h n'est pas (forcément) une vitesse adaptée, et il ne faut pas (forcément) 8 mètres de plus pour s'arrêter. La bonne vitesse est avant tout la vitesse dictée par l'environnement, dont fait partie la capacité de freinage du véhicule, mais aussi la visibilité, l'état de la route et beaucoup d'autres facteurs. Imposer des normes plus sévères sur les véhicules neufs ou au contrôle technique, privilégier les véhicules qui freinent mieux plutôt que ceux qui sont moins puissants serait certainement plus salvateur que d'expliquer que les limitations ont été mises en place à partir d'observations scientifiques et de lois de la physique.

*(source Auto Plus du 18 novembre 2008)


Par Winston Smith - Publié dans : Sécurité Routière
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On nous prend pour des jambons

Parce qu'il est des fois où je me demande où les journalistes trouvent leurs sources, comment ils les comparent, et comment ils ils font pour influencer l'opinion publique, je me suis amusé à analyser le discours officiel. Il y a quelques années, c'est la sécurité routière qui tenait les grands titres. Souvenez-vous, on a demandé aux français de bien vouloir allumer leurs feux le jour. Comme un seul homme, les français ont obéi parce que c'était bon pour leur sécurité, ça ne souffrait d'ailleurs aucune discussion : si vous n'allumiez pas tes feux le jour, vous êtiez un mauvais conducteur. Et puis, les médias ont cessé d'en parler, alors le bon peuple a peu à peu oublié ce qui était bon pour sa sécurité : plus personne, même parmi les plus ardents défenseurs de la mesure, n'allume se feux le jour. Souvenez-vous des « barbares de la route » et d'un certain accident à Loriol arrivé à point nommé pour être monté en épingle par le ministre de l'intérieur de l'époque, une certain Nicolas Sarkozy : dépasser les limitations reste mal, parce que dangereux. D'ailleurs, tout le prouve. Il y a consensus, comme on dit quand on n'a pas envie d'être contredit. Mais en vrai, vous n'avez jamais l'impression qu'on nous prend pour des jambons ?

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