Lundi 15 décembre 2008

Les journaux s' (nous) en émeuvent : les Maldives pourraient disparaître à cause du réchauffement climatique, faisant de ses habitants les premiers réfugiés climatiques. Ce pays de 90 000 km²  constitué de 300 km² de terres sur 1200 îles d'origine corallienne, disséminés sur quelque 500 km au sud de l'Inde, a une altitude moyenne de 1 mètre pour un point culminant à 2,3 mètres. Le gouvernement prend d'ailleurs les devants, en économisant pour acheter des terres en Inde ou au Sri Lanka. Le JT de France 2 du 14 décembre 2008, nous apprend que les poissons, tant les petits que les gros, disparaissent, que le corail «se meurt à cause du réchauffement climatique» en provoquant une érosion des îles, que les maldiviens prennent les devants en construisant une île artificielle perchée à 3 mètres au-dessus du niveau de la mer et que cette dernière pourrait, selon «les scientifiques1», monter de 58 cm.

Cependant, le réchauffement climatique explique-t-il les difficultés actuelles des maldiviens ?

La pêche

Le réchauffement climatique serait responsable de la disparition des poissons et de la diminution de la pêche.

Or, ces dernières années, les Maldives ont considérablement augmenté leur production à l'aide de moyens moderne de pêche qui remplacent rapidement les matériels traditionnels et permettent une diversification des espèces collectées. Le pays a ainsi doublé sa production sur 15 ans, passant de 80 000 tonnes en 1991 à plus de 184 000 tonnes en 2006[source]. Le tourisme et de nouveaux marchés à l'exportation ont permis au pays d'investir massivement, à la fois dans le matériel de pêche et dans les outils de transformation du poisson.

Loin de connaître la crise due à la disparition des poissons présentée dans les médias, la pêche aux Maldives connaît un remarquable développement grâce à de nouvelles techniques qui viennent concurrencer les méthodes ancestrales. Le pays semble s'orienter vers l'aquaculture sous diverses formes[source].

Les coraux

Beaucoup de coraux d'Afrique, du Pacifique, d'Indonésie et des Philippines sont atteints de «blanchiment». Ce mal est dû au El Niño de 1998, phénomène climatique naturel et périodique qui  engendre un réchauffement des océans[source]. Aux Maldives notamment, il a eu un effet dévastateur sur les récifs déjà dégradés par l'activité humaine.

La construction de routes, de digues ou d'une île artificielle constituent autant d'attaques à l'encontre des coraux, qui sont alors utilisés comme matériaux de construction. Le pompage du sable et des coraux au fond des atolls sont susceptibles de modifier les courants marins et donc l'érosion, et sont responsables en grande partie de la sédimentation des colonies coralliennes encore vivantes, provoquant ainsi leur disparition.

La population/La démographie

De même, les habitants construisent traditionnellement leurs habitations avec pour matériau principal le corail. Or, la population a triplé en 50 ans[source], occupant plus de terrain, utilisant plus de coraux, favorisant ainsi l'érosion. Les Maldives, ce sont 300 km² de terres dont la moitié reste inhabitée, ce qui porte la densité officielle de la population de 822 habitants / km² à 1600 habitants par km² d'île habitée, soit 17 fois la France ! Une telle densité de population pour une si faible superficie, laisse peu de place au traitement des déchets. La mer reste un réceptacle tout trouvé. Or, les habitants du pays ne sont pas les seuls à fréquenter l'endroit : la première ressource des Maldives reste le tourisme avec 500 000 touristes par an. Touristes qu'il faut loger, nourrir, blanchir, etc. à la mode occidentale et sont autant de vecteurs de pollution. Pollution qui, comme nous l'avons vu, attaque un corail pas au mieux de sa forme.

Le tsunami

En 2004, le Tsunami a dévasté les Maldives dont les coraux protégeaient jadis les îles. Leur érosion due essentiellement à l'activité humaine, mais aussi leur destruction due à un phénomène cyclique et naturel El Niño, ont pour conséquence de rendre les îles très vulnérables aux tempêtes et aux inondations. Ce n'est toutefois pas un phénomène nouveau, puisqu'en 1987 et 1991, la capitale Malé a subi de terrible inondations.

Conclusion

On le voit, si l'on fait abstraction des mensonges concernant la pêche, les principaux facteurs d'inquiétude pour la survie des Maldives sont bien d'origine humaine, mais restent bien éloignés d'un hypothétique réchauffement climatique et d'une élévation du niveau des eaux : la dégradation du milieu naturel local par les habitants, semble avoir des répercutions bien plus importantes et proches dans le temps. Toutefois, incriminer le réchauffement climatique reste plus vendeur auprès des médias et permet de se dédouaner à peu de frais.

Un esprit un rien chafouin pourrait toutefois s'amuser de l'histoire d'un peuple schizophrène qui saccage consciencieusement son habitat pour faire venir des hordes de touristes qui parcourent la moitié de la planète en avion, tout en s'inquiétant d'un réchauffement climatique auquel il(le peuple) contribue activement. Mais il(l'esprit chafouin) ne le fera pas.

 

1 pas la peine de préciser lesquels, puisqu'il y a consensus (il faudra juste prévenir les 197 scientifiques signataires de la Déclaration de Manhattan qu'ils n'existent pas).


Par Winston Smith - Publié dans : Actualité - Communauté : Libre expression
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On nous prend pour des jambons

Parce qu'il est des fois où je me demande où les journalistes trouvent leurs sources, comment ils les comparent, et comment ils ils font pour influencer l'opinion publique, je me suis amusé à analyser le discours officiel. Il y a quelques années, c'est la sécurité routière qui tenait les grands titres. Souvenez-vous, on a demandé aux français de bien vouloir allumer leurs feux le jour. Comme un seul homme, les français ont obéi parce que c'était bon pour leur sécurité, ça ne souffrait d'ailleurs aucune discussion : si vous n'allumiez pas tes feux le jour, vous êtiez un mauvais conducteur. Et puis, les médias ont cessé d'en parler, alors le bon peuple a peu à peu oublié ce qui était bon pour sa sécurité : plus personne, même parmi les plus ardents défenseurs de la mesure, n'allume se feux le jour. Souvenez-vous des « barbares de la route » et d'un certain accident à Loriol arrivé à point nommé pour être monté en épingle par le ministre de l'intérieur de l'époque, une certain Nicolas Sarkozy : dépasser les limitations reste mal, parce que dangereux. D'ailleurs, tout le prouve. Il y a consensus, comme on dit quand on n'a pas envie d'être contredit. Mais en vrai, vous n'avez jamais l'impression qu'on nous prend pour des jambons ?

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