Jeudi 18 décembre 2008

Au vu des statistiques préoccupantes d'accidents sur les passages à niveau, nos chers gouvernants ont décidé de prendre des mesures. Avec 97 collisions sur 11 mois en 2008 contre 103 l'an passé selon le Figaro du 17/12/2008 (115 selon le Figaro du 24/06/08) et 170 de 2000, tout montre pourtant une baisse (tout dépend du pipeautage des chiffres avancés pour 2007) de ce type d'accidents. Mais c'est l'accident d'Allinges en Haute-Savoie, qui a fait réagir l'Etat. Souvenez-vous, sept enfants ont été tués, et 25 personnes blessées dans la collision entre un TER et un car scolaire sur le passage à niveaux du lieu-dit Mésinges , à Allinges, en Haute-Savoie. Cet accident emplématique est sans doute également la cause de l'augmentation du nombre de tués dans ce type d'accidents : 35 contre 32 l'an passé.

Carrefour de Mesinges Après avoir soupçonné le conducteur du car qui serait, selon des témoins (Neuf témoins, dont les conducteurs de quatre véhicules situés derrière le bus, l'affirment, tandis que sept autres prétendent le contraire), passé alors que le feu indiquant l'abaissement imminent des barrières clignotait, l'enquête s'est dirigée sur un certain nombre de faits troublants : Les barrières n'ont pas été brisées par le bus, alors même qu'elles sont conçues pour être brisée facilement (un homme peut les casser à la main) : le bus n'a donc pas forcé le passage. Le passage à niveau, bien que situé sur une route très étroite, en descente et dans un virage en épingle à cheveu, n'a pas été classé parmi les passages dits «préoccupants» avant l'accident, mais s'est vu interdit à a circulation des bus et poids-lourds quelques jours plus tard. Sur les forum, on peut trouver des témoignages similaires à celui-ci :

«[...]Je connais trés bien ce passage à niveau et je peux vous assurer qu'il est difficile à emprunter, surtout pour les gros véhicules. Il est au milieu d'un virage très sérré, sur une route étroite, et la voie férrée qui fait aussi un virage est en dévers. J'ai souvent assisté au passage de bus ou de camions à cet endroit. Il doivent le négocier lentement et ne peuvent croiser pratiquement aucun véhicule. Ils attendent souvent qu l'autre côté soit libre pour le franchir.[...]»

Par ailleurs, un témoignage vu sur France3 (malheureusement indisponible aujourd'hui), fait état de manoeuvres (marches arrières) imposées aux véhicules les plus gros sur la voie ferrée. Le temps écoulé entre le déclenchement de la sirène et l'approche du train était de 24 secondes, ce qui paraît court pour un car qui tente de se dégager mais, selon la SNCF, constitue un temps «limite» au-delà duquel les passage volontaires entre les barrières fermées deviendraient plus fréquents. Reste la thèse défendue par le conducteur, selon laquelle un véhicule arrivant en face aurait gêné la manoeuvre du bus.

A l'issue de l'affaire, l'Etat avait promis par le biais de Dominique BUSSEREAU, secrétaire d’Etat chargé des Transports, de mettre fin à l'existence des passages à niveau dangereux en passant le budget alloué de 15 à 40 millions d'euro par an. Le 13 juin 2008, le Figaro titrait sur la décision de suppression des 68 passages à niveau croisant les nationales dans un délai de 5 ans, et l'aménagement des passages les plus dangereux. Enfin, RFF envisageait l'installation de radars afin de sanctionner les franchissements de feux clignotants par des automobilistes.

Le 17 décembre 2008, l'Etat annonce les premiers aménagements sur passages à niveau : Afin d'éviter de nouveaux accidents dus essentiellement, comme nous l'avons vu, à des véhicules arrêtés sur les passages pour des raisons techniques ou à cause de l'infrastructure inadaptée et/ou dangereuse, ou encore à des véhicules qui démarrent en forçant le passage alors que les barrières sont fermées (sans parler des suicides), il a été décidé d'installer des radars automatiques qui mesureront la vitesse (et la sanctionneront) sur 17 d'entre eux[source]. Je cite :

«Première en France et en Europe selon Réseau ferré de France, l’implantation d’une soixantaine de radars automatiques à proximité des passages à niveaux a été décidée après le drame d’Allinges (Haute-Savoie), en juin dernier. »

Il n'y a pas à dire, on se sent bien gouvernés, on n'a pas l'impression d'être pris pour des jambons.

Par Winston Smith - Publié dans : Sécurité Routière - Communauté : Libre expression
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On nous prend pour des jambons

Parce qu'il est des fois où je me demande où les journalistes trouvent leurs sources, comment ils les comparent, et comment ils ils font pour influencer l'opinion publique, je me suis amusé à analyser le discours officiel. Il y a quelques années, c'est la sécurité routière qui tenait les grands titres. Souvenez-vous, on a demandé aux français de bien vouloir allumer leurs feux le jour. Comme un seul homme, les français ont obéi parce que c'était bon pour leur sécurité, ça ne souffrait d'ailleurs aucune discussion : si vous n'allumiez pas tes feux le jour, vous êtiez un mauvais conducteur. Et puis, les médias ont cessé d'en parler, alors le bon peuple a peu à peu oublié ce qui était bon pour sa sécurité : plus personne, même parmi les plus ardents défenseurs de la mesure, n'allume se feux le jour. Souvenez-vous des « barbares de la route » et d'un certain accident à Loriol arrivé à point nommé pour être monté en épingle par le ministre de l'intérieur de l'époque, une certain Nicolas Sarkozy : dépasser les limitations reste mal, parce que dangereux. D'ailleurs, tout le prouve. Il y a consensus, comme on dit quand on n'a pas envie d'être contredit. Mais en vrai, vous n'avez jamais l'impression qu'on nous prend pour des jambons ?

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