Sécurité routière, les véhicules, Explications de coûts

2-1) Coûts des accidents

2-1-1) les assureurs

On vous l'a dit, la vitesse est LE mal de la sécurité routière. Vous n'avez aucune raison de ne pas le croire : il paraît assez logique que lorsqu'on a un accident à une certaine vitesse, les conséquences auraient été moindres à une vitesse inférieure. Cependant, quelle règle veut que plus on va vite, plus on a d'accidents, ou que plus le véhicule est puissant, plus le risque est élevé ?

Un fait est pourtant indéniable : les véhicules sont de plus en plus rapides et puissants, et le nombre d'accidents en régression.

Pourtant, la plupart des sites ou des émissions de sécurité routière vous ânoneront comme une évidence que si vous payez une prime d'assurance plus élevée pour un véhicule plus puissant, c'est bien parce qu'il coûte plus cher à l'assureur et donc qu'il a plus d'accidents.

Argument à relativiser. Car il ne vous aura pas échappé qu'un véhicule plus puissant coûte généralement plus cher à l'achat et que, fort logiquement, le prix des pièces détachées suit la même courbe. De plus, et c'est là que le bât blesse, le nombre de véhicules volés (250 000 en 2002) est loin d'être négligeable face au nombre de véhicules accidentés (105 470 accidents en 2002, dont on peut raisonnablement considérer qu'ils ont impliqué 2 véhicules en moyenne (hypothèse relativement pessimiste, sachant que 37% des accidents impliquaient un véhicule seul en 2005). Vols qui représentent peu ou prou 50% des charges des sinistres automobile pour les assurances, et qui sont fort logiquement répercutés sur la prime d'assurance, d'autant plus que les véhicules plus puissants ont généralement une cote élevée auprès des voleurs à l'exception des vieux véhicules non protégés, mais qui sont, eux, rarement assurés en tous risques.

Encore une fois, l'argumentation "véhicule puissant = vitesse = accidents" montre ses limites.

http://www.ffsa.fr/webffsa/portailffsa.nsf/html/frameset?opendocument&arg=ODAN-4XEH3J.html (charges des assurances)
http://www.interieur.gouv.fr/rubriques/c/c3_police_nationale/c332_dcpj/Vehicules_voles
http://www.interieur.gouv.fr/rubriques/a/a7_statistiques_securite_routiere/a74_accident_de_la_route/bilan2002

2-1-2) les carrossiers

C'est un fait : ces dernières années, les carrossiers ont vu leur chiffres d'affaire baisser de manière spectaculaire (on avance le chiffre de 30% entre 2001 et 2004). La raison en serait la diminution du nombre d'accidents. S'il est indéniable que cette baisse a eu lieu, comment expliquer alors, que les assurances voient, elles, leurs dépenses liées aux remboursements matériels augmenter (1) ?

Une partie de la réponse nous est donnée par les constructeurs : ces derniers améliorent leurs véhicules, tant du point de vue sécuritaire que pratique.

Il en résulte, par exemple, que de plus en plus de pièces de carrosserie sont en plastique inrayable ou indéformable : pare-chocs bien sûr, mais également les ailes ou autres. Lorsque ça casse, on change : plus besoin de carrossier.

Les portières comportent maintenant des renforts de sécurité, qui interdisent tout redressement par un carrossier. C'est cassé ? On change : plus besoin de carrossier.

Ajoutons à cela les organes à déformation programmée qui, au mieux, ne se réparent pas, et au pire rendent rapidement le véhicule non réparable : plus besoin de carrossier. Bienvenue dans le monde du tout jetable.

Restent donc les véhicules plus anciens qui ne sont pas réparés pour des raisons évidentes de coûts et de valeur vénale des véhicules, et voilà qui explique en grande partie le paradoxe du prix des assurances qui ne baisse pas, et celui des carrossiers qui font faillite.

(1) http://www.ffsa.fr/

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On nous prend pour des jambons

Parce qu'il est des fois où je me demande où les journalistes trouvent leurs sources, comment ils les comparent, et comment ils ils font pour influencer l'opinion publique, je me suis amusé à analyser le discours officiel. Il y a quelques années, c'est la sécurité routière qui tenait les grands titres. Souvenez-vous, on a demandé aux français de bien vouloir allumer leurs feux le jour. Comme un seul homme, les français ont obéi parce que c'était bon pour leur sécurité, ça ne souffrait d'ailleurs aucune discussion : si vous n'allumiez pas tes feux le jour, vous êtiez un mauvais conducteur. Et puis, les médias ont cessé d'en parler, alors le bon peuple a peu à peu oublié ce qui était bon pour sa sécurité : plus personne, même parmi les plus ardents défenseurs de la mesure, n'allume se feux le jour. Souvenez-vous des « barbares de la route » et d'un certain accident à Loriol arrivé à point nommé pour être monté en épingle par le ministre de l'intérieur de l'époque, une certain Nicolas Sarkozy : dépasser les limitations reste mal, parce que dangereux. D'ailleurs, tout le prouve. Il y a consensus, comme on dit quand on n'a pas envie d'être contredit. Mais en vrai, vous n'avez jamais l'impression qu'on nous prend pour des jambons ?

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